- Pouvez vous nous dresser un bilan des principaux problèmes de l’agriculture marocaine ?
Les principaux problèmes de l’agriculture au Maroc viennent du fait que plus de 90% de ses terres sont sous climat aride et semi-aride. Ceci nous place devant un défi pour développer une agriculture coûteuse en eau qui se fait rare. La céréaliculture et le maraîcher, sont des exemples. L’autre alternative, plus économique, consiste à développer l’arboriculture et d’autres cultures adaptées au climat aride.
- Quelles solutions préconisez-vous afin d’éviter la faiblesse de la productivité agricole?
Les solutions sont nombreuses, mais elles doivent prendre en compte la diversification des cultures conjuguée à une politique de gestion rationnelle de l’eau. Le Maroc est l’un des pays les plus riche en biodiversité, qu’il faut exploiter de façon durable pour trouver des plantes capables de vivre et produire avec des ressources hydriques limitées. Cela relève du champ de la recherche scientifique en général et agronomique en particulier. Même en restant dans les biotechnologies classiques, le royaume doit continuer à conduire des recherches visant la création de variétés de céréales adaptées à l'aridité. Il ne faut pas perdre d’esprit que pour créer des cultures de demain, il faut faire confiance à la recherche scientifique . Mais il faut commencer dès maintenant si on ne veut pas cumuler davantage de retard.
- Qu’est ce qu’on entend par «agriculture en conditions difficiles » ?
L’agriculture en conditions difficiles est une agriculture conduite dans des conditions non optimales pour assurer une meilleure roductivité. Ces conditions difficiles consistent souvent dans la rareté de l’eau pour assurer l’irrigation ou une salinité élevée des terres suite à de mauvais drainages.
- Vous avez précisé dans votre communiqué de presse que le Maroc doit relever les défis pour assurer sa sécurité alimentaire. Quels sont les mécanismes qui doivent être mis en place pour atteindre cet objectif ?
Assurer la sécurité alimentaire veut dire d’abord protéger ce dont on dispose comme sources alimentaires et ensuite améliorer certaines et en trouver d’autres. Le Maroc dispose d’une biodiversité importante par rapport à d’autres pays. Néanmoins, celle-ci est exposée à plus de risques, vue la position géographique du Maroc. Ainsi, les ressources halieutiques sur 3500 Km de côtes marocaines, doivent être protégées des impacts de la pollution et des méfaites de la surexploitation. Il faut aussi améliorer la productivité des ressources en développant et en créant d’autres variétés. Une autre voie prometteuse dans la sécurité alimentaire consiste à redonner plus de valeurs aux espèces végétales jadis abandonnées et qui peuvent constituer des ressources alimentaires importantes. On peut donner l’exemple de certaines cactées, comme le figuier de barbarie. Ce créneau ne peut être investi sans le développement de la recherche scientifique.
- Le Plan Vert prévoit l'augmentation de la production nationale en améliorant la productivité, quel est l’apport de la Société Marocaine de Biochimie et Biologie Moléculaire dans la concrétisation de cet objectif ?
Le ‘Plan vert’ qui consiste à stimuler la production de plus d’aliments, ne peux atteindre ses objectifs à long terme sans donner plus d’importance à la recherche scientifique, en particulier à la recherche agronomique. La Société Marocaine de Biochimie et Biologie Moléculaire, Société savante, joue et peut faire encore plus pour réussir le plan vert, sachant qu’elle regroupe plusieurs chercheurs marocains connaisseurs de la problématique liée à la sécurité alimentaire. Elle peut contribuer à la formation de cadres opérationnels, car l’autre mission de notre Société en plus de la recherche, est la formation et l’enseignement pour améliorer les profils des nos lauréats.